À une semaine de la fermeture de printemps de son restaurant de Megève, rendons visite à Marc Veyrat – et à son adorable épouse Christine – pour plonger une nouvelle fois dans son univers gastronomique.
En décembre, le grand chef français annonçait qu’il cuisinerait cet hiver en compagnie de Mallory Gabsy, jeune chef belge qui seconde souvent Philippe Etchebest dans son émission « Cauchemar en cuisine ». L’expérience fut mise en scène par un repas de presse qui lui donna un incroyable retentissement. Hélas, la collaboration ne dura que deux jours ! L’image médiatique est parfois trompeuse sur la réelle personnalité des personnes prises dans le faisceau des projecteurs…
Bref, Marc n’avait pas besoin d’un faire-valoir, les émotions ressenties lors de ce repas de fin de saison en est l’incontestable preuve. Il parvient même à donner du génie à ces légumes oubliés dont le seul mérite est d’avoir été oubliés. À Megève, ils sont nichés dans une écorce, nappé de jus truffé. Inoubliable !
Les classiques sont bien entendu au rendez-vous, les cuillères plongent dans le savoureux œuf à la berce, les nouilles qui pendent sur un fil au-dessus d’un bol s’évaporent sous un bouillon de légumes, le homard breton, nacré, tendre, iodé se parfume à la reine-des-prés.
Et comme Marco ose tout, il sert un suprême de pigeon bleu associé à un cylindre de gratin dauphinois à l’ail des ours. Dans tous les restaurants, cette chair, tiède, quasi crue, serait renvoyée en cuisine par des clients effrayés. Mais dans la Maison de Marc Veyrat, elle se déguste dans une ambiance presque religieuse.
Un chef gourou ? Sans doute, car il envoute ses clients en fin de soirée. Il célèbre l’anniversaire de l’un deux, même si personne n’est né ce jour-là ! Tête de l’élu ! Puis la musique prend le relai et les convives commencent à danser. Cette table de haute gastronomie se transforme en guinguette ! Sacré Marco !
Œuf à la berce.
Nouilles fondantes.
Légumes oubliés à la truffe.
Soda-Vera.